Dans un Grand Magasin aujourd'hui, j'ai fait un détour dès mon arrivée par le 2ème étage, derrière le Rayon Lingerie.

On accède aux Toilettes pour Dames par une antichambre. Y faisaient la queue de manière très disciplinée, quand j'y suis rentrée, des clientes aussi peu prévoyantes que moi ou des vendeuses en pause.  

Alors qu'il ne me restait plus que quelques instants à patienter, le bruit d'une conversation, sorti d'un des cubicules, m'est parvenu aux oreilles. Ou du moins, de la moitié d'une conversation de toute évidence téléphonique. Une seule voix derrière la porte - soulagement - mais soulagement inquiet : la bavarde répondait-elle au téléphone "avant", "pendant" ou "après" ? 

Drôle de question, d'accord. Mais franchement, plantée là vous dandiner d'une jambe sur l'autre, vous vous demandez s'il n'y a pas eu erreur sur l'usage des lieux; après tout, Toilettes et Téléphone sont souvent au même endroit dans les bistrots parisiens... 

J'étais de retour dans l'antichambre, en train de parfaire la touche de rouge à lèvres indispensable pour effectuer mes petites emplettes au rayon Mercerie, quand une blonde-très-blonde d'1m80, robe noire mini-riquiqui, interprétation très personnelle de l'uniforme des vendeuses du Magasin, a fait irruption dans la pièce.

Elle était en grande et bruyante conversation téléphonique avec un interlocuteur forcément invisible. La demoiselle n'a pas cessé de pérorer pendant qu'elle se lavait rapidement les mains, avant de nous planter là sans façon, pour retourner à son comptoir. Je pense que la belle blonde n'a même pas vu qu'il y avait du monde autour d'elle.

 

Plus tard, lestée (légèrement) de quelques mètres d'extra-fort, d'une demi-douzaine de charms et d'un coupon de tissu vert au fond de mon sac, j'ai croisé sur le boulevard une jeune femme en manteau rouge-très-rouge, qui marchait d'un pas pressé, avec force gesticulations.

 De loin, elle donnait l'impression de parler toute seule - un peu comme une "folle", il faut le dire. De près, j'ai évidemment constaté qu'elle était équipée d'une oreillette, et que sa véhémence était dirigée vers quelqu'un "au bout du [sans-]fil"... Elle a traversé la rue alors que le "bonhomme" était rouge, mais je pense qu'elle ne l'a pas regardé. Soyez rassurés, elle n'a pas été fauchée par une voiture.
 


Il paraît que l'usage intensif du téléphone portable grille le cerveau.
En tout cas, ça insensibilise au reste du monde.

VALIE 

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