Un dimanche après-midi de novembre 2007, la machine à coudre de Madame V., piètre couturière
nez-en-moins opiniâtre, se met à ne plus piquer droit, mais frisé...
Madame V. menace et gesticule, la moutarde lui monte au nez et les larmes aux yeux, rien n'y fait, ça boucle, ça boucle...
L'époux de Madame V. , qui n'y connaît rien en machines à coudre, est sommé de renoncer aux aventures de l'inspecteur Barnaby pour tenter de résoudre l'énigme de la machine
qui fait des bouclettes.
Non seulement Madame V. est incompétente, mais son époux aussi. Aïe, aïe, aïe.
Devant ce triste constat , Madame V. se résoud piteusement à apporter sa machine chez le vendeur-réparateur. Le-dit commerçant est en congés. Bah, on attendra les prochaines
vacances (l'emploi du temps de Madame V. en période hors vacances ne lui permet guère de se rendre chez les réparateurs de machines à coudre, qui ont de surcroît pignon sur rue
inaccessible).
Arrive Noël. Ah, le réparateur ferme boutique pour la durée des vacances scolaires... La machine est sortie de sa housse, mais bon, elle boucle, inutile d'insister, Madame V. se rend à
l'évidence : elle a perdu la maîtrise - si tant elle a eu - de la bête.
Samedi 5 avril. Pour la zone C, ce ne sont pas (encore) les vacances scolaires.
Madame V. trouve à se garer, ô miracle, juste en face de la boutique du réparateur (tant mieux, la machine pèse lourd, c'est du solide, elle lui a été vendue comme telle - pas du genre
à faire des bouclettes...)
Tête basse, Madame V. entre chez le réparateur, prête à faire amende honorable de sa nullité. Elle a apporté un petit échantillon de bouclettes, preuve de son incompétence avérée.
Madame V.
"Bonjour Monsieur, voilà, j'ai quelques soucis avec ma machine, sans doute un réglage que je ne sais pas bien faire...". Elle tend piteusement le morceau de
tissu (un joli batik bleu ciel d'été) agrémenté des bouclettes traîtresses.
Le commerçant, laconique:
"Ah oui, des bouclettes. c'est là d'dans" (en tapotant la partie supérieure de la machine.
Madame V., incrédule:
"Comment ça, c'est là dedans ? C'est une panne alors ?"
Le commerçant, toujours aussi laconique:
"Oui, Madame, ça arrive d'un coup, c'est normal".
Madame V., littéralement déséquilibrée (elle se raccroche à la machine à coudre) :
"Normal ? Des bouclettes ? D'un coup ?
Mais, j'ai failli en divorcer, moi ! J'ai failli balancer la machine par la fenêtre, et moi avec ! Et vous étiez en vacances !"
Le commerçant
"???..."
Moralité : fallait pas s'énerver.
Pour la petite histoire, je me suis achetée entretemps une machine premier prix
au supermarché. Garantie un an, mais j'ai perdu le ticket. Et devinez quoi ? Non, elle ne joue pas au fer à friser et ne fait pas de bouclettes, mais elle émet un bruit de marteau
piqueur depuis peu et se coince à intervalles réguliers...
Le monsieur réparateur m'a dit que celle-là, je pouvais la balancer, pas forcément par la fenêtre, mais la balancer tout de même, inutile d'envisager une révision...
Pas de photo aujourd'hui, j'espère que mon récit est suffisamment imagé !
Côté frisure du chef, avec l'humidité ambiante, ça va plutôt bien.
Et côté carreaux, c'est de la vitre anti-effraction...
A des milliers de km de distance, je me sens moins seule...
J'ai choisi Bluesky, pas Toyota, il n'y a pas (encore) de voitures Bluesky, mais toutes sortes d'engins vidéo, hi-fi, etc - finalement, ma machine servait peut-être à écouter de la
musique, pas à coudre !
69 euros, mon premier prix à moi ! Le plus agaçant, c'est d'avoir perdu le ticket de caisse (que j'ai bien entendu eu
l'intention de conserver soigneusement, connaissant mon incompétence avec les machines à coudre).
J'ai essayé de plaider ma cause auprès du magasin, mais que nenni !
Ca revient tout de même cher pour la fabrication d'une misérable demi-douzaine de pochettes...
Jolies, les pochettes.
Tout de même.
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A bientôt.