Ne vous attendez à rien de nouveau dans les jours qui viennent, parce que je consacre momentanément mon temps libre à la délicieuse (re)lecture de Dixie, qui a été écrit par l'auteur américain de langue française Julien Green.

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Ce roman est la description toute en langueur sudiste des états d'âme tourmentés d'une jeune veuve à l'époque de la Guerre de Sécession aux Etats-Unis. 
Avec ses mots, l'auteur qui avait plus de 90 ans quand il a écrit ce livre étonnamment moderne et sensible, évoque avec un réalisme peu commun la personnalité sensuelle et capricieuse d'Elisabeth, qu'on a tour à tour envie de plaindre, puis de gifler, d'admirer ou de décrier.
D'autres personnages, pour la plupart des femmes, émergent puissamment de ce récit, la gouvernante galloise aux lourdes chaussures cloutées, qui "sait", tout simplement, et savoure sous une servilité apparente un sentiment de toute puissance, la Belle du Sud, qui se déplace dans un bruissement de taffetas, et dont les éternelles coquetteries de jeune fille s'acordent mal avec les années qui passent, la tante demeurée célibataire, bigote qui cherche le salut dans la prière et le laudanum.
Il y a les enfants aussi, qui percent de leurs cris l'épaisse torpeur silencieuse de la grande demeure bourgeoise en jouant sans fin à la guerre, ignorant ses horreurs et la proximité des champs de bataille dévastés,  il y a cet adolescent qui croit se briser irrémédiablement le coeur contre l'indifférence d'Elisabeth et s'en va découdre avec l'ennemi, pour panser ses plaies...
 

J'aurai peut-être envie de broder des maisons coloniales quand j'aurai savouré la dernière ligne de ce roman - Brightneedle propose une grille "Savannah Sampler" tout à fait appropriée. 


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VALIE
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